
WAR OF THE DEAD PROJECT - 19.06.2019

Urbex ? Pas urbex ? En fait, peu importe. Entre la ville de Soulac sur Mer et la Pointe de Grave, il y a des centaines de bunkers datant de la seconde guerre mondiale, construits par le IIIème Reich de Hitler. 37 positions composées de 350 bunkers disséminés sur les dunes et dans la forêt domaniale reliant les deux communes. Ils ont été construits afin de protéger l'embouchure de la Garonne d'une attaque des alliés, et éviter que ceux-ci reprennent les ports plus au sud, dont celui de Bordeaux. De l'autre côté de cette même embouchure, c'est la Charente Maritime, et Royan. Ville entièrement détruite le 5 Janvier 1945, puis reconstruite. Sur le site, on marche dans des chemins, passant d'un bunker à l'autre. Puis nos pas s'impriment sur les dunes imprégnées de ces énormes tankers de béton surplombant l'Atlantique. Le site est abandonné mais pas en état d'abandon. Ou le contraire, ça marche aussi. Non, effectivement, le site n'est pas mort, mais juste blessé. Une association en prend soin, et fait même des visites. L'Association du mémorial de la forteresse du Nord Médoc. N'hésitez pas à les contacter.
Il n'empêche que les fortifications construites par les nazis sont tout de même en état d'abandon, avec ces restes d'armatures de lits, ces portes rouillées.. C'est fascinant. Alors je ne vais pas vous relater ma visite de quatre heures durant laquelle j'ai immortalisé pas moins de 7 bunkers, car cela pourrait être bien redondant.. Béton, sable, porte, béton, porte, sable, béton.... Je vais plutôt me taire et laisser la "parole" à l'histoire de ce site. Ce sera certainement bien plus intéressant à lire que moi, marchant dans les dunes ...

29 juin 1940 : les Allemands franchissent l'estuaire par le bac "Cordouan". C'est le début de l'Occupation. De 1941 à 1943, l'organisation Todt édifie le Mur de l'Atlantique. La forteresse de la pointe du Médoc, la Festung Gironde sud, qui compte 350 bunkers, bloque la Gironde avec celle du nord, installée à Royan. Elle sera l'un des derniers réduits allemands sur le territoire français, libérée en avril 1945 par les Forces françaises de l'Intérieur emmenées par le colonel de Milleret – dit Carnot – après huit mois de siège. Tous les bunkers de la forteresse de la pointe du Médoc existent encore. Ils ont souvent été ensablés volontairement ou par les vents. Mais contrairement au reste du littoral, où ils doivent être détruits, car devenus dangereux, ils sont restés protégés de l'érosion dunaire par les ouvrages de protection du Port autonome qui avaient été édifiés vers 1930, de Soulac à l'extrême pointe.
Les forteresses de l'Atlantique étaient destinées à empêcher les Alliés d'utiliser les ports, à repousser d'éventuels débarquements et, en cas de renversement de situation, à permettre aux troupes allemandes de se redéployer. Celle de la pointe du Médoc, construite de début 1942 à fin 1943, s'étendait de Soulac à Talais, au sud, avec une ligne de défense avancée de Montalivet à Jau, en passant par le pont du Gua. Le sud de la forteresse était protégé par un fossé antichars.Celui-ci comprenait une partie naturelle, un chenal de drainage, de l'estuaire jusqu'à la route de Bordeaux, large de 6 m, profond de 2 à 4 m selon les marées et empli de vase. Au-delà, le fossé était creusé dans le sable et maintenu par des troncs d'arbres, avec des mines et des barbelés.»
Les bunkers de la forteresse, de taille variable selon leur fonction (poste de combat, de commandement, soute à munitions, abri, réserves de vivres, etc.), étaient répartis en ensembles de 10 à 25 pour former un point d’appui. «Les Allemands avaient de quoi tenir un siège d'au moins deux ans, raconte Jean-Claude Souan. Ils étaient surarmés, avec trois armes minimum par homme...» Au nord de Soulac, le point d’appui S307(Les Arros) était l'un des principaux points d'appui, avec une importante station radar à la position 305 A équipée du " radar Mammut", un appareil portant à 300 km à la ronde. A la pointe de Grave, à la Chambrette, deux énormes canons Krupp de 280 mm, les "Cerbères de la Gironde", surveillaient l'estuaire. Montés sur une plate-forme, ils pouvaient tourner à 360°. Mais ils n'ont pu être utilisés lors de la bataille finale, car ils avaient été expédiés auparavant en renfort vers le nord de la France.

Le dispositif comprenait aussi de nombreuses défenses de plage anti-débarquement (tétraèdres en béton équipés d'explosifs, pieux en bois...). Près de 600 000 mines avaient également été enterrées sur tout le territoire de la pointe du Médoc. Le 25 août 1944, juste avant l'évacuation de Bordeaux, les Allemands s'enferment dans la forteresse, tandis que les FFI commencent à remonter vers le Nord-Médoc. Le siège a duré huit mois, au cours d'un hiver particulièrement rigoureux qui a durement éprouvé les jeunes combattants du Médoc. L'opération de libération de la poche du Médoc est décidée le 13 avril 1945. L'opération a débuté le 14, à 6h du matin, et s'est achevée le 20 en fin de journée, avec la reddition du capitaine de corvette Birnbacher et ses marins du Narvik Bataillon, réfugiés dans les lignes arrières. Le site a depuis été démilitarisé, bien sur, et parfois la gendarmerie s'en est servi comme terrain d'entrainement.
Depuis quelques années, l'association citée plus haut en début d'article, perpétue la mémoire de cet épisode de la deuxième guerre mondiale en organisant des visites guidées à travers la foret domaniale, passant de bunker en bunker à travers les chemins qui serpentent au milieu des énormes trous d'obus, encore visibles de nos jours. Un petit musée a également été monté au bout du front de mer de Soulac, avec des vestiges de cette bataille et des explications détaillées. Passionnant. Adressez vous à l'office du tourisme de Soulac sur Mer, ou tout simplement partez vous balader à travers les 8km de forêt et de dunes entre Soulac et là Pointe de Grave. Mais attention, soyez toujours respectueux des lieux.....
PHOTOS LAURENT
Le visionnage des photos étant assez fastidieux sur cette page je ne peux que vous encourager à aller les regarder sur la page Facebook de Urbexer's. Liens des deux galeries ci dessous.
Si vous n'avez pas Facebook, visionnez les photos ci dessous. Vous pouvez les laisser défiler, mais vous pouvez aussi cliquer au centre pour les ouvrir en grand format non recardé.
DIAPORAMA 1
(48 PHOTOS)




DIAPORAMA 2
(37 PHOTOS)





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