
TROLL HUNTER PROJECT - 02.06.2019

Les voyages forment la jeunesse. Parait il. Bon, les jeunes, ca n'empêche nullement les personnes étant dans un âge avancé de voyager, soyons clairs. Ou proches d'un âge avancé. Bref. Comme une cure de jouvence en quelque sorte ! Bibi est en voyage. C'est du côté de la Finlande de que je me trouve, ayant des photos de Roller Derby à faire durant trois jours sur Helsinki. Une fois arrivé sur place je reste deux jours sur la capitale Finnoise afin de prendre la température du pays.... Puis trois jours de photos de Derby, et enfin les deux derniers jours avec une petite voiture de location, direction les longues routes serpentant au milieu de forêts de pins sibériens et les rives de la mer Baltique. C'est au cours d'une de ces deux journées que j'ai eu la chance de faire cette sortie. J'ai pourtant passé des heures sur Google Map à essayer de chercher des spots en prévision de ce voyage. J'avais quelques pistes. En particulier un ancien village d'orpailleurs totalement abandonné depuis de longues années, et perdu au milieu de la forêt. Mais impossible de passer, totalement bloqué. J'ai fait demi tour.
Mais ce jour là, après la visite d'un petit village de pêcheurs, je décide de prendre la route pour aller me perdre dans les méandres des rives de la mer Baltique. Alors n'imaginez pas une rive nette, tranchée, comme notre bonne vieille Méditerranée, mais plutôt un entrelacs formé d'iles, de lacs, de petites plages de sables. C'est divin, calme, reposant. Magnifique. Mais là n'est pas le sujet. À force de me balader au hasard des routes, je trouve un petit chemin, sur la gauche, partant au milieu de la pinède. Attiré par la lumière qui s'en dégage, je décide donc d'aller plus avant dans cette direction. Après environ un petit kilomètre au milieu de la forêt, je débouche sur un carrefour avec, sur la gauche, un chemin impraticable, et sur la droite un chemin de terre. Et surtout, en face de moi, une gigantesque clairière. Étonnant. Ni une ni deux je prends le chemin de droite, et découvre, à environ trois cents mètres de moi, sur la gauche et au milieu de la clairière, une carcasse de camion blanc. On ne voit que lui. Mon sang ne fait qu'un tour. J'ouvre Google Map, et découvre que, en fait, je me trouve devant une carrière abandonnée.... Demi tour, je reviens sur mes pas, enfin sur mes roues, et je parque ma voiture entre les deux chemins du précédent carrefour évoqué plus haut. Check du matos photo... Sac sur le dos, direction l'inconnu.

Après avoir marché environ 200m dans le sable, je suis maintenant sur des rochers. Lisses et polis par le temps. Pour le moment le silence est assourdissant. Il fait chaud. Nous sommes en plein milieu de l'après midi. Le soleil commence juste à baisser. Je ne m'en formalise pas, il ne fera pas nuit avant deux heures du matin. C'est la règle ici, pendant cette période. Et puis, aussitôt sorti du couvert des arbres, les glatissements de deux rapaces se font entendre. Je dois les déranger. Et pour cause. La période de ponte étant en Avril, soit environ 50 jours plus tôt, les petits doivent être dans leur nid, en train de faire leur premier plumage. Sentant un danger arriver, les deux parents, fidèles et unis pour la vie, me font savoir qu'ils sont sur le qui vive.... Je presse le pas afin d'éviter de les embêter trop longtemps, et me retrouve devant le cul d'un gigantesque engin de chantier. Tellement énorme que je peux me tenir debout sous la cabine, et que les chenilles sont presque plus hautes que moi.... Ok je ne suis pas grand, mais quand même !! C'est impressionnant.
Autant vous le dire tout de suite, je suis nul en engins de chantiers. Je n'y connais strictement rien. Que dalle. Oualou. Zéro connaissances. Donc ne vous attendez pas à des détails sur ce sujet. Je fais le tour de la bête afin de faire pas mal de photos en macro, prends quelques plans larges du monstre, quelques photos de la carrière, et décide d'essayer de monter dessus pour accéder à la cabine. Et essayer d'avoir une vue plus globale du site. Une fois sur la plate forme, bien rouillée, je me dirige vers la porte. Fermée. Forcément. Quel dommage. Je me retourne, et, stupéfait, je vois, à environ 300m de moi, un énorme bulldozer en train de charger des rochers dans un camion.... !!! Non, mais.... Enfin !! Qu'est ce donc !! Que vois je ? Qu'ouis-je, qu'entends-je, qu'acoustiquais-je ? Premier réflexe, s'accroupir pour ne pas se faire repérer. Deuxième réflexe, observer. En fait, d'après ce que je comprends, les roches extraites de ce site sont transférées sur un autre quelques centaines de mètres plus loin. Le ballet du camion faisant des aller retour entre les deux endroits en témoigne. Je pense que cette partie est abandonnée car elle a été exploitée jusqu'a la moelle, et le site a été agrandi afin de continuer l'exploitation. Mais ce ne sont que des supputations. Toujours est il qu'il va falloir composer avec cet impondérable.

Je reste, pour le moment, dans mon petit coin reculé, bien caché par une sorte de terril de gravier. J'immortalise les objets que je trouve. Beaucoup de photos en macro. Les plans larges c'est bien, mais sur ce genre de site, quand tu en as fait dix, tu as fait le tour. Nous trouvons toujours des choses à montrer, même dans les pires endroits. Ici, je dégotte des vieux ressorts de suspensions, des tableaux de commandes de vieilles machines, des tapis roulants qui ne roulent plus. Et même de l'huile s'échappant d'un moteur, au goutte à goutte... Depuis combien de temps ? Mystère. Au vu de l'état de l'engin à qui appartient le moteur, je pense que cela doit faire facilement dix ans que cela fuit de la sorte. En témoigne la petite flaque d'huile en dessous...
Je passe même à l'intérieur de convoyeurs à bandes. Pour faire plus précis, ce sont des tapis roulants qui servaient à extraire le minerai concassé. Il y en a qui sont entreposés à l'air libre, mais d'autres qui se présentent comme de longs couloirs fermés avec à gauche le tapis, et à droite un passage fait pour que les ouvriers puissent se tenir debout. Comme un long couloir d'une longueur de environ dix mètres. J'immortalise des interrupteurs, des prises, des grillages, des fils électriques, un ancien lampadaire qui termine laborieusement sa vie au milieu de nulle part.... Mais il va être temps de traverser une grande partie du site qui est à découvert, car de l'autre côté m'attends le fameux semi remorque aperçu depuis le chemin, et qui trône là, majestueux. Je me poste en bordure du terril de gravats et calcule que le camion fait une rotation toutes les deux ou trois minutes. Problème : Lorsque celui ci est parti vers la partie opposée du site, il ne faut pas que je me fasse repérer par le gars qui conduit le bulldozer..... D'autant plus que à peine suis je en bordure du site, à découvert, que le couple d'aigles remet le couvert, à coup de grands coups de trompettes... je décide donc, au lieu de traverser en courant et de me faire repérer, de faire un grand tour par la droite et passer à travers la foret, à couvert. Autant dire que je suis tout de suite repéré par les rapaces, qui s'en donnent à coeur joie. Mais je suis enfin sur place.

Une fois caché du site par le semi remorque, à l'opposé de l'endroit où je me trouvais précédemment, je constate que j'ai eu une chance folle, niveau timing, car un deuxième camion me passe juste sous le nez, laissant dans le sable de grosses traces de pneus. Il file à toute vitesse vers l'autre côté du site. vers la partie encore exploitée. Je fais le tour du camion abandonné, mais impossible de l'ouvrir. Tout est cadenassé. La cabine, elle, n'est pas là. Il n'y a plus que le bahut. Bahut qui est en train de se faire petit à petit "manger" par la verdure environnante. J'immortalise les lieux et continue mes pérégrinations en filant plus avant, me rapprochant dangereusement du bulldozer. je trouve de nouveaux tapis roulants, une cabane (fermée). Je fais quelques plans larges du site, puis pas mal de macros sur des boulons, des vis, des cables métalliques, des poulies.
Et puis, regardant ma montre, je constate qu'il n'est pas loin de 19h. J'avais oublié que, en cette période, la nuit était en grande partie inexistante dans cette partie de l'Europe. Le soleil est toujours là. Mais l'heure tourne et j'ai la route à faire jusqu'à Helsinki... Il ne faut pas trainer. Je refais un petit tour global du site, comme nous avons l'habitude de le faire avec Emma lorsque nous faisons nos sorties ensemble. Juste histoire de voir si nous n'aurions pas oublié quelques clichés intéressants. Et puis machine arrière direction la voiture, direction l'hôtel, direction la ville.
Un des plaisirs de l'urbex réside dans le fait de découvrir des lieux. Des lieux que nous n'aurions jamais connus sans cette pratique. C'est toujours assez jouissif de pénétrer dans un endroit. Quel qu'il soit. Château, maison, site industriel. Jouissif de jeter le premier coup d'oeil.... Mais quand en plus, vous le découvrez par hasard..... C'est encore mieux. Donc même si en terme de beauté ce site n'a rien à voir avec les différentes demeures que nous visitons habituellement, c'était quand même une très très belle découverte. Place aux photos.
PHOTOS LAURENT
Le visionnage des photos étant assez fastidieux sur cette page nous ne pouvons que vous encourager à aller les regarder sur la page Facebook de Urbexer's. Liens des deux galeries ci dessous.
Si vous n'avez pas Facebook, visionnez les photos ci dessous. Vous pouvez les laisser défiler, mais vous pouvez aussi cliquer au centre pour les ouvrir en grand format non recardé.
DIAPORAMA 1
(42 PHOTOS)




DIAPORAMA 2
(40 PHOTOS)





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