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TORTURE MILL PROJECT - 08.08.2018

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                  Cela fait 15 ans que, dans le cadre de mon travail, je passe devant ce site. Il est depuis de longs mois sur notre liste de spots à faire. Cet après midi nous sommes partis assez tôt car nous avons deux endroits à visiter. Et nous allons faire dans l'exceptionnel, dans le high level de l'urbex. Un moment incroyable. Mais ce sera pour plus tard, et pour le moment nous n'en avons pas encore conscience car nous voici devant notre premier spot. Un vieux moulin du XIIIème siècle en bord de route, visible par tous. Nous voilà chargés de nos sacs, trépieds, lampes, trousse à pharmacie et tout ce qui va bien pour nos sorties.... Malheureusement, nous avons oublié nos casques..... Et pourtant il y a des endroits où les poutres et tuiles tiennent on ne sait comment. Il va falloir faire sans (Que nos mamans se rassurent, nous sommes vivants..) Nous pénétrons dans la première pièce de ce vieux bâtiment complètement en ruine. Une cheminée complètement démontée nous accueille. Nous commençons à nous demander si nous allons trouver des endroits intéressants. Dans la deuxième pièce le plafond s'est effondré, et l'escalier est suspendu le long du mur. Totalement impossible de monter. Et de toute façon, vu l'état des plafonds dans les autres pièces, nous en sommes rapidement dissuadés

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                  Nous continuons notre progression dans l'enfilade de pièces et décidons de passer de l'autre côté, là où passe le cours d'eau qui donnait sa ressource au moulin. Complètement à l'abandon, celui-ci fut pourtant un fer de lance du développement de la région au moyen âge. Le moulin à blé, datant vraisemblablement au XIIIe siècle, est détruit puis reconstruit au 15e. Il est racheté par les Chartreux en 1670 qui font reconstruire le pont en 1679 par l'architecte Nicolas Mévisson. Ce sont les boulangers de la région qui investissent sur le site, se réservant une quasi-exclusivité sur la minoterie, permettant ainsi d’alimenter les plus grandes villes du Sud Ouest de la France en farine, et d’assurer une partie des exportations vers les Antilles. De 1686 à 1689, l'entrepreneur Bernard Cazeneuve est chargé de réédifier le moulin. Continuellement restauré au 18e siècle, il est vendu en 1794. Il connait alors son apogée, travaillant toujours pour le grand sud ouest, les hospices de la région, et l'armée. Les meules passent du nombre de 4  en 1711 à 7 en 1826. Rehaussé après 1850, il est à nouveau agrandi et des logements sont reconstruits. En 1900 une machine à vapeur prend le relais des roues hydrauliques horizontales, rendues souvent inopérantes car noyées par la marée. En 1920, des turbines sont installées pour la production d'électricité. Elles tourneront une trentaine d'années avant que la production s'arrête. Et le moulin, qui n'a plus rien d'un moulin, s'éteint. Mort de sa belle mort. Digne, et fier. Fier de ses 7 siècles d'activités. Depuis 1995 une association se bat pour préserver le site. Il y aurait une proposition de rachat par EDF... Peut être un nouvel avenir pour le site ? Malheureusement un problème persistant se présente à l'entreprise nationale. À savoir que si un barrage hydraulique est construit sur la rivière, ce serait un obstacle majeur pour les poissons migrateurs comme les lamproies, les anguilles et les chevesnes qui remontent le courant pour aller frayer dans des endroits propices. Mais pour le moment suite de la visite.... Nous traversons des pièces en ruine dans lesquelles il ne reste plus que les murs. Escaliers, plafonds et toits ont disparus. Les cheminées sont comme suspendues aux murs, là, à plus de trois mètres de hauteur. Un résidu d'escalier nous nargue. Inutilisé depuis plus de 50 ans, nul doute que la solitude lui pèse. La végétation prend petit à petit le pas sur la civilisation. Juste retour des choses... Puis nous arrivons dans le local abritant le moulin en lui même. 

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                  Certainement l'endroit le mieux conservé du domaine. Le coeur du moulin. Sa raison de vivre, d'exister.  Nous passons par un petit passage sur la droite qui nous emmène directement vers les restes des moulins à grains dis moulins d'immersion. Nous aurons le plaisir de croiser la route des cavités, au nombre de trois, qui abritaient les arbres et les roues à aubes au dessus desquelles étaient les trémies qui servaient de réservoir à grain. Au fond des cavités restent les traces des crapaudines qui supportaient le poids de tout le système. Moment d'histoire. Il est émouvant d'imaginer l'activité qu'à généré ce lieu pendant plus de 700 ans. Malheureusement il ne reste plus grand chose des machines. Elles ont d'ailleurs évolué avec le temps, passant du bois au metal au fil des siècles. D'ailleurs il ne reste plus que les boitiers de commande, ainsi que certains rouets. Un bel escalier en bois avec un garde fou en métal monte à l'étage, mais l'état du plancher nous dissuade d'aller jeter un coup d'objectif. À l'arrière du moulin un dédale de petites pièces et de couloirs nous donnent envie de nous amuser avec nos triggers et flashs déportés... Enfin surtout là personne qui n'a pas oublié de les prendre (No comment, je me flagelle encore à ce jour)... Il nous reste à visiter les chais qui sont à l'arrière du site. Là était stockée la farine, prête à être embarquée vers sa destination finale. Longues pièces ornées de superbes arches. Quelques tuiles en suspension nous surveillent du coin de l'oeil mais n'iront pas jusqu'à mettre à exécution leurs menaces. Ici aussi la végétation prends le dessus car de longues lianes ainsi que des branches de lierres tendent leurs longs bras vers nous. À la recherche d'un petit peu de chaleur humaine ? La lumière est superbe. Nous nous attardons quelque peut dans ce lieu hors du temps. Légère impression d'être perdu au milieu d'une jungle, loin de tout... Alors que la route est si proche... 

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                  Il nous reste un endroit à voir. Nous nous dirigeons vers le fond des chais en passant par l'extérieur, et  pénétrons à l'intérieur de ce qui devait être un garage. Effectivement une grande porte blanche à double battant nous fait face. Recouverte de lierre toujours à la recherche d'un support pour progresser, elle est assez large pour laisser passer un camion. Était-ce là que les véhicules rentraient pour repartir avec leurs chargement de sacs de farine ? Fort possible, les chais étant tout proche. Toujours est il qu'il n'est même plus question une seule seconde d'ouvrir cette double porte, car la pièce est totalement envahie par les arbres et autres ronces envahissante. Il est temps pour nous de partir vers notre second spot, sans savoir ce qui nous y attends. La surprise sera monumentale.... Ce sera le "Orlac Hands Project"... 

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