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PANIC ROOM PROJECT - 31.05.2020

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                  Un dimanche après midi écrasé par le soleil. Plusieurs options s'offrent à moi pour prendre l'air et trouver un peu de frais. La piscine municipale à quelques encablures de chez moi, la plage, avec les embouteillages inhérents à une telle période, tout fermer chez moi et attendre, ou partir dans un vieux site abandonné où il fera certainement meilleur que à mon domicile. C'est cette option qui est choisie. Aller faire l'éléphant de mer  échoué sur une plage ou au bord d'une piscine ... très peu pour moi... Les silences d'un vieux château en désuétude  m'iront très bien, malgré les chauve souris et les toiles d'araignées... Peut être devrais-je consulter ? J'ouvre notre carte de sites à visiter, et je dégotte un vieux domaine au milieu duquel trône une magnifique demeure. D'après mes notes, le site est abandonné depuis quelques années, même si une partie est encore remplie de meubles.. Allons voir ça de plus prêt. Une petite heure de trajet et me voilà sur place. 

 

                  Il s'agit d'abord de remonter le long chemin bordé de platanes centenaires. La route, très passante, ne va pas m'aider à me faire discret. Je décide donc de passer par les champs en contrebas de la sente de terre menant directement à l'entrée du château.  Je me fais donc plus discret de la route, mais aussi d'une éventuelle présence dans le domaine. Il ne faut jamais oublier que l'urbex est une activité réprimée par la loi. Que quelque part, il y a un propriétaire. Certes qui délaisse ses biens, mais propriétaire quand même. Une fois arrivé devant la façade du château, je décide de tenter ma chance par la droite. Je passe devant une porte vitrée sur laquelle est écrit "Bureaux". Je regarde à l'intérieur et effectivement, je vois un bureau, un ordinateur, le tout très bien rangé.  J'en viens à douter que les lieux soient abandonnés, même si je sais qu'une partie est aménagée et a été habitée, ou l'est encore...

 

                 Je continue ma progression et tombe sur un long, long, très long mur, se terminant à l'orée des vignes environnantes. Je ne trouverai pas d'entrée par là. Je décide de rebrousser chemin et de tenter par l'aile opposée. La première porte est fermée, je décide de  continuer ma progression, toujours le plus discrètement possible, et quelques dizaines de mètres plus loin je découvre un passage derrière des claustras. Je me retrouve devant une piscine, remplie d'un magma indéfinissable. Dès que je me montre, des grenouilles s'en donnent à coeur joie en croassant vivement et plongent dans l'eau croupie... Puis en me tournant sur la droite, je découvre une porte ouverte. Je me retrouve dans une sorte de garage, lui même donnant sur une cour intérieure. Mon passage est là. Une porte ouverte donne sur une magnifique cuisine ornée de superbes poutres apparentes au plafond, ainsi qu'une très belle cheminée. Cette première pièce s'ouvrant elle même sur le reste du château. Bingo. Un rapide premier tour du rez de chaussée me conforte dans l'idée que je vais me régaler durant cette visite. De superbes cheminées, un escalier en pierre absolument sublime. Il me reste a déballer mon boitier, mes éclairages, très impatient de commencer.... 

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                  Le bâtiment dans lequel je suis se présente avec un long couloir faisant toute la longueur de cette aile, avec sur la gauche des pièces, et sur la droite des fenêtres donnant sur un jardin avec, de l'autre côté, l'aile opposée. Je décide de commencer ma visite par la gauche, là bas, tout au bout. Je me retrouve dans une pièce dont les poutres en chêne sont complètement pourries et soutenues par des étais métalliques. L'humidité, comme dans beaucoup de sites abandonnés, a commencé son travail de sape, lent et méticuleux. Je passe dans la deuxième pièce et découvre un superbe billard français. Souvent dans ce genre d'endroits, les derniers vestiges restent les pianos et les billards. Trop lourds, trop gros, souvent trop volumineux pour être déménagés. On ne s'en embarrasse pas. Ce superbe billard français trône au milieu de la pièce. Un des quatre pieds commence à s'enfoncer dans le parquet, lui même déjà attaqué par l'humidité ambiante, cette partie du château n'étant plus chauffée depuis de longues années. Sur le billard se trouve un billet de 100 dollars. Comment un billet de 100 dollars a pu échapper à l'oeil averti des déménageurs ou des proprioétaires. À y regarder de plus près, sur le billet se trouvent des hanzi, appelés en Europe sinogrammes. Que font des caractères chinois sur un billet américain. Une fois les recherches faites, ces billets de banque de 1 ou 100 dollars sont en édition limitée à 88.888 exemplaires et édités à l'occasion du nouvel an Chinois.. Chacun d'entre eux possède un numéro de série commençant par "8888". Le chiffre "8" est en effet un porte-bonheur dans la culture traditionnelle chinoise. Il symbolise la chance et la prospérité. Ces billets sont proposés dans de grandes cartes de voeux rouges, le rouge étant la couleur du bonheur en Chine, décorées pour l'occasion. Ces dernières sont vendues respectivement 5,95 dollars et 138,88 dollars pour les billets de 1 et 100 dollars.

 

                  Je poursuis ma visite le long de cet interminable couloir, et me retrouve maintenant devant une pièce formant un demi cercle. Les tapisseries intissées sont de couleur orange. Fascinant. Dans chaque coin de la pièce, donc les deux se situant à ma droite et à ma gauche côté porte, ainsi que en face de moi, se trouvent des portes vitrées transformées en bibliothèques incrustées dans les murs. Le plafond tombe en lambeaux, la peinture s'écaillant et se retrouvant au sol. La pièce à beaucoup de charme et, du temps de la splendeur du château, devait être un petit salon très coquet. À la gauche de cette pièce je me retrouve dans une sorte de vestibule, la porte d'entrée du château dans mon dos, et faisant face à un magnifique escalier en pierre. La rambarde en fer forgé est juste sublime. Un travail d'orfèvre. Les marches en pierre accusent le poids des ans. Les feuilles des platanes  peuplant le parc sont venues mourir sur les premières marches. La porte est donc ouverte de temps en temps. Par qui ? Je constaterai un petit peu plus tard, lorsque je tenterai d'aller dans l'aile opposée, que celle-ci est entièrement meublée, et donc peut être habitée de temps à autres par le propriétaire Chinois du domaine. J'immortalise l'escalier avant de me rendre dans la pièce du fond. Manifestement des travaux ont été entrepris dans cette aile, et le chantier s'est arrêté aussi vite qu'il avait commencé. Mais cela explique peut être pourquoi l'entrée principale a été ouverte quelques temps... 

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                  Je suis maintenant dans la pièce du fond, complètement à l'opposé de la toute première pièce visitée, celle avec les étais métalliques... Il s'agit d'une cuisine. Une porte dans le fond donne dans une vaste pièce complètement vide et sans aucun charme. À droite trône encore un évier en émail, et, à la droite de cet évier, un petit escalier mène à une petite salle de bain. Ici aussi l'ambiance est très seventies. le carrelage des murs est rose foncé agrémenté de fleurs roses, le lavabo rouge. la baignoire rose clair. Dans un petit renfoncement se trouve un WC... Rose. Décidément. Compte tenu de la configuration des lieux je suppute que ces trois pièces étaient en fait un appartement où pouvait vivre une employée de maison. 

                  Je ressors de la cuisine et constate que la porte juste à gauche en sortant donne sur un petit escalier menant au premier étage. Je décide néanmoins de faire honneur à l'escalier d'apparat et sa superbe rambarde en fer forgé. Une fois sur le palier du premier étage j'immortalise une magnifique lucarne, et décide de faire comme au rez de chaussée, commencer ma visite par la gauche... Un petit coup d'épaule pour ouvrir la porte et me voila dans un couloir avec, sur la gauche, plusieurs chambres. La première offre un spectacle fascinant avec des tapisseries sur les murs ainsi que sur les portes des armoires dignes des grands films des années 60. Des fleurs rouges, jaunes et roses, du vert, du marron... On se sent quelque peu oppressé par tant de couleurs, de motifs, mais cela prête un charme certain à la pièce. les rideaux sont du même cru. Le tout reste très photogénique, même si plus du tout aux goûts du jour. Au fond a gauche se trouve un petit cabinet de toilette. Dans la pharmacie au dessus du lavabo je découvre un jeu de boutons qui, jadis, devait faire partie d'une boite à couture, aujourd'hui disparue. 

                  Je continue mon périple le long de ce couloir pourtant bien plus court que celui du rez de chaussée. Ce côté de l'étage ne possède que deux pièces. La chambre suivante est dans un état déplorable. je ne pense pas qu'il s'agisse pour autant de l'usure du temps mais plutôt de travaux inachevés. Dans le fond une magnifique cheminée agrémente avec superbe la pièce pourtant largement désossée. Je veux dire par la que les ouvriers n'y sont pas allés de main morte pour démonter les murs à grands coups de masse. Il reste juste des lambeaux de planches, complètement cassées. Des tas de gravats jonchent le sol. Il faut croire que les travaux ont été arrêtés net par l'entreprise chargée de rénover les lieux. Les propriétaires chinois sont connus pour ne pas forcément être de bons payeurs.... Peut être est-ce la raison qui a poussé l'entreprise a stopper net ses prestations... Mais ce ne sont là que des supputations gratuites. Pour le moment il me reste à retourner à l'escalier que j'ai emprunté et aller découvrir ce qu'il se cache derrière la porte se situant à sa droite. 

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                  Une fois la porte donnant sur le palier du premier ouverte, je me retrouve directement dans un vestibule. Autant de l'autre côté du palier il n y avait que deux chambres, autant ici il s'agit d'un vaste appartement de cinq pièces. J'immortalise la peinture des murs se craquelant lentement, puis passe par là première porte à droite. Je me retrouve dans une sublime salle de bain, extrêmement spacieuse. À gauche se trouve un évier ainsi qu'un petit bidet. Une large fenêtre donne une belle lumière à l'endroit. La baignoire, ainsi que les murs, sont recouverts à hauteur d'homme de petits carreaux de grès créant une superbe mosaique de couleur crème et bleue. Je ne sais pas pourquoi mais je me sens bien dans cette pièce. Pourtant les parties supérieures  des murs commencent à se déliter et le plafond est en partie tombé dans la baignoire. Mais les lieux ont quelque chose de chaleureux. Je passe un long moment a immortaliser les lieux, à essayer de trouver des angles intéressants et à faire des photos en macro. 

                  Je repasse dans le vestibule et poursuit ma quête de clichés dans les pièces suivantes. Rien de bien folichon à se mettre sous l'objectif. Des tapisseries qui se décollent, des radiateurs, des toiles d'araignées... Le grand classique de l'urbex quoi. Reste une pièce qui devait certainement servir de bureau car y trône un..... bureau. Forcément. Le dit bureau est en métal, et ressemble étrangement à ceux qui se trouvaient sur les estrades de nos institutrices dans les années 60/70. J'immortalise tout ça puis, en passant entre deux pièces, je découvre un trou béant au bas d'un mur, tout aux fond d'une chambre. N'ayant pas eu besoin de mes éclairages, les volets à cet étage n'étant pas fermés, je pars ni une ni deux chercher mon LED en bas de l'escalier par lequel je suis arrivé, puis me presse de remonter pour éclairer ce qui se trouve de l'autre côté du trou. Pour le moment, lorsque je me penche, je ne vois que du noir.... Vient le moment d'allumer et de constater qu'il s'agit d'un énorme grenier. Mon spot n'éclaire même pas le mur opposé, là bas, tout au fond. Je décide de passer de l'autre côté, malgré mon appréhension. Autant vous dire qu'il ne s'agit pas d'un passage crée par les propriétaires. Il s'agit d'une personne ayant cassé le mur dans l'unique but de faire un passage. Puis je me trouve enfin dans "l'antre du diable", comme je l'ai appelée lorsque j'ai vu qu'il y faisait un noir d'encre. Appareil photo en main, sac sur le dos et LED dans l'autre main.... Me voilà marchant à tâtons sur le plancher incertain, les chauves souris s'en donnant à coeur joie, dérangées par mon intrusion. Sous mes pieds je sens certaines lattes qui se plient en craquant lors de mon passage. Il ne s'agirait pas de passer directement à l'étage en dessous. Je suis seul, Emma n'étant pas là pour appeler les secours au cas où... Alors marchons sur des oeufs. Lorsque j'arrive contre le mur du fond, à droite se trouve une porte. Ouverte. Je passe et me trouve dans une sorte de petit passage guère plus grand qu'un placard. Claustrophobes s'abstenir. Une deuxième porte se trouve en face de celle par laquelle je suis rentré. Malheureusement fermée. Pas d'effraction.. Règle number one de l'urbex. On rentre si c'est ouvert sinon, demi tour. Je retourne donc dans le grenier, déçu car je reste persuadé que c'était le passage vers l'aile opposée du château. mais c'est comme ça. J'immortalise le grenier comme je peux avec mes éclairages, et trouve à l'autre extrémité de la pièce, à droite du trou par lequel je suis rentré, une sorte de "cahute" en bois cachant un escalier. Je commence a descendre lorsque mon LED décide de soudainement s'éteindre.... Batteries à plat. Panique à bord. Il s'agit de remonter et revenir vers le grenier afin d'ouvrir mon sac et changer les batteries, tout ça dans le noir le plus complet. Sitôt arrivé en haut des marches je sens un chiroptère me frôler la tête. Sachant que ces petits êtres volants ne sont pas dangereux, je reste calme, mais toujours est il que lorsque vous êtes dans le noir absolu..... Vous avez beau essayer de vous rassurer, c'est loin d'être évident, et une vraie gageure que de garder son calme. Et puis c'est moi qui les dérange, et non pas le contraire. Alors il faut savoir rester humble. Après quelques minutes, me voici enfin paré pour partir visiter ce qui se trouve juste en dessous de moi. Descendons.

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                  Mais voilà, c'est facile à dire mais moins à faire lorsqu'on vient de passer plusieurs minutes dans le noir total avec des chauves souris virevoltant tout autour de vous. Mais bon, je suis aussi là pour ça, et j'aurais vraiment une impression d'inachevé si je ne descends pas. Toujours est il que en plongeant dans la quinzaine de marches me séparant de la cave, j'ai l'intuition que je vais voir surgir devant moi quelque fantôme en quête d'une bonne âme pour le délivrer.... Une fois en bas, point de fantôme. Mais des bouteilles à foison. Vides. Des magnums, des nabuchodonosor, le tout provenant de divers châteaux qui, j'imagine, appartiennent aux mêmes propriétaires que celui-ci. Une chaudière se trouve dans un coin de la pièce, et ronfle doucement. Une preuve supplémentaire qu'une partie du domaine est encore en état d'être habité. Il est temps de remonter et de sortir de la "Panic Room" en retournant à l'endroit par lequel je suis arrivé, à savoir le fameux trou dans le mur. 

                  Je fais à nouveau un tour de toutes les pièces par lesquelles je suis passé, au rez de chaussée comme à l'étage, histoire de ne pas oublier une photo intéressante à vous partager, et décide ensuite de passer dans le parc en contournant l'aile dans laquelle je me trouve, et repassant par la piscine par laquelle je suis arrivé en début d'après midi. Me voici maintenant dans le parc, marchant vers l'aile opposée. Je m'approche des fenêtres et constate effectivement que cette partie là est habitable. Habitée ?? Une cuisine immense, toute équipée, des salons aux fauteuils dorés qui trônent encore au milieu des pièces, un piano à queue, un escalier de marbre.... Le tout rutilant et prêt à accueillir son propriétaire. Je décide de ne pas pousser plus loin mon exploration, car il ne faut jamais oublier que ces lieux, même en pleine déchéance, appartiennent forcément à quelqu'un... Et la suite de cette exploration n'aurait plus rien d'urbex, quand bien même les lieux seraient inhabités. Emma et moi préférons de loin des murs à la peinture écaillée à ceux de marbre rutilant .... 

PHOTOS LAURENT

Le visionnage des photos étant assez fastidieux sur cette page je ne peux que vous encourager à aller les regarder sur la page Facebook de Urbexer's. Liens des deux galeries sur les boutons ci dessous.

Si vous n'avez pas Facebook, visionnez les photos ci dessous. Vous pouvez les laisser défiler, mais vous pouvez aussi cliquer au centre pour les ouvrir en grand format non recardé. 

(85 Photos)

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QUELQUES PETITES PRÉCISIONS UTILES 

Pour des raisons de sécurité nous ne communiquons jamais les adresses des lieux que nous visitons. Nous n’encourageons personne à explorer ces lieux par ses propres moyens, car de nombreux accidents, parfois graves voire fatals, sont à déplorer dans les lieux abandonnés. il faut le savoir. Abstenez vous également de nous demander l’adresse par message privé. il n’y aura aucune réponse de notre part, merci de votre compréhension. Sachez que lors de cette exploration, aucune dégradation n'a été commise. Aucune effraction n'a été faite pour pénétrer à l'intérieur. Aucun vol n'a été commis. Notre présence est simplement motivée par l'envie de mettre en valeur cet espace abandonné. Rien d'autre. Nous n’avons aucune information à ce sujet, mais si vous êtes propriétaire de cet endroit et que la publication photographique sur ce site vous gêne, nous procéderons à sa suppression immédiatement et sur simple demande de votre part via notre onglet "contactez nous"

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