
DEVIL TRAIN PROJECT - 02.04.2018

Durant ce long week end que nous passons dans cette région nous avions prévu quatre sites, et nous voici devant le troisième. Après avoir visité deux châteaux la veille, récits que vous pouvez trouver dans les pages consacrées au Insiders Project et au Demons Project, nous voici devant le site bien connu des urbexeurs, la gare de Canfranc, en Espagne. Un peu d'histoire. Avec ses faux airs de Saint-Lazare, la gare internationale de Canfranc, la deuxième plus grande d’Europe, pourrait être implantée au cœur de la capitale parisienne. Elle se niche en réalité à plus de 1 000 mètres d’altitude, dans les Pyrénées espagnoles. Et n’a pas vu passer un train français depuis bientôt cinquante ans… Échouée là, au milieu des pics aragonais, cette bâtisse inattendue porte bien son surnom de « Titanic des montagnes ». Décidée en 1904 et construite entre 1915 (Pour le tunnel) puis entre 1921 et 1928 pour le bâtiment qui navigue entre art nouveau et néo classicisme, dessiné par l'architecte Fernando Ramirez de Dampierre. La gare est ouverte au trafic le 11 Juillet et inaugurée le 18 Juillet de la même année. Avec ses 240 mètres de long, ses 365 fenêtres et 156 portes, ce bijou architectural dessiné par l’Espagnol Fernando Ramírez de Dampierre surprend les visiteurs par sa taille. Une prouesse de construction au sein d’un paysage hostile, entre menace d’éboulis et avalanches. La gare a été inaugurée en grande pompe en 1928. À l’époque, buffet, hôtel de luxe, bureau de change, infirmerie et poste douanier animaient les lieux. Tout le monde misait sur le rayonnement de Canfranc. Terminus entre la France et l’Espagne, la station n’a pourtant jamais dépassé la cinquantaine de voyageurs par jour. Pendant la seconde guerre mondiale, elle a vu transiter juifs et résistants fuyant l’Europe occupée, mais aussi des tonnes d’or volées par les nazis. Bien après 1945, la ligne Pau-Canfranc a rencontré des avaries techniques, jusqu’à un accident fatal, en 1970 avec le déraillement d’un train de marchandises. La SNCF a alors fermé la ligne, condamnant la gare. Le site est aujourd’hui la propriété du gouvernement aragonais : les herbes folles ont repris l’avantage et recouvrent les anciens wagons rouillés végétant aux alentours. L’horloge de la gare est immobile, les fenêtres condamnées et le hall central déserté, même s’il a été récemment réhabilité. Des visites organisées y ont d'ailleurs lieu. Mais l'accès y étant impossible, pour nous, en ce dimanche, c'est tout ce qu'il y a autour de ce gigantesque navire qu'est le bâtiment principal qui sera notre terrain de jeu.

Nous commençons bien sûr par shooter le grand bâtiment. Cela va de soi. Comment passer à côté de cette superbe bâtisse. Puis nous continuons en progressant sur les traverses qui surnagent au milieu de la couche de neige encore présente sur le site. Nous en profitons pour shooter quelques matériaux ferroviaires. Nous finissons par arriver au bout de la gare et deux options s'offrent à nous. Et malgré l'envie d'aller directement inspecter le wagon qui nous attends sur notre droite nous décidons de progresser à l'intérieur du bâtiment sur notre gauche. Pas grand chose à se mettre sous l'objectif, mais en sortant nous décidons de poursuivre dans les bâtiments qui s'alignent les uns derrière les autres. Dans le suivant nous tombons sur une ribambelle de radiateurs à eau, tombés au sol. Il doit bien y en avoir une centaine. C'est assez impressionnant. Juste derrière nous trouvons un guichet de la police floqué du drapeau Espagnol. Puis nous sortons pour explorer ce fameux wagon à l'arrêt depuis de longues années. Sans savoir que une dizaine d'autres nous attendent de l'autre côté du site.... Tous dans un état plus ou moins lamentable. Manifestement celui là a entièrement brulé. À tel point que les cloisons intérieures, en métal, sont complètement gondolées. Impressionnant. Nous repartons de l'autre côté du bâtiment que nous avions quitté quelques minutes auparavant et nous marchons sur des traverses qui ne sont pas recouvertes de neige.. Et pour cause. D'un côté il y a le mur, au dessus un toit. Mais pas que. Sur la droite il y a un mur de végétation qui empêche la neige de recouvrir les rails et les traverses. Le contraste est intéressant.

Nous arrivons devant une locomotive, elle aussi totalement abandonnée depuis de longues longues années, arrêtée sous un "pont". Fascinant. Tout est encore en place à l'intérieur du poste de pilotage. Nous avons vraiment l'impression d'être dans un épisode de "Walking Dead". De vivre "Walking Dead", en attente de voir surgir un zombie depuis l'arrière de la machine... La solitude et l'aspect neigeux des environs rajoutent encore à l'impression d'angoisse. Nous continuons de progresser sur ce site de plusieurs hectares et nous arrivons sous un grand hall dans lequel un escalier s'enfonce dans un couloir souterrain d'un noir absolu. Combien de réalisateurs de films ou de séries d'horreur se feraient un plaisir fou de tourner dans ces lieux. Étonnant que cela n'ai pas déjà été fait. Bien sur nous n'attendons qu'une chose, descendre dans les méandres apocalyptiques de ce couloir. La déception sera (un peu) à la hauteur de notre attente, à savoir que d'un côté le tunnel est muré, et de l'autre un nouvel escalier nous fait remonter sur le quai. Nous aurons tout de même l'opportunité de faire quelques beaux clichés. Il nous reste a aller découvrir la dernière partie du site. Nous longeons des rails où sont alignées des locomotives et des wagons, tous les uns après les autres. Une certaine lassitude s'empare pourtant de nous. Il est vrai que jusqu'ici tous les wagons se ressemblaient un peu, dans un état lamentable, brûlés, vandalisés, voir carrément complètement désossés. Mais nous allons avoir une bonne surprise en découvrant l'un d'eux où il reste encore des sièges, des numéros de places fixés aux parois. Varions les plaisirs...

Arrivant tout au bout du quai, nous pensons avoir fini notre tour et nous projetons déjà vers le quatrième site qui nous attends. Nous prenons le temps de faire quelques photos d'un wagon en bois, mort de sa belle mort au milieu de la grande plaine entourée des monts Pyrénéens, et voyons là bas, tout au fond, deux maisons. Quitte a être sur place, autant aller au bout du truc. Nous partons donc dans la neige visiter les deux bâtiments. Ce devait être les bureaux administratifs de la gare. Le lieu se révélera un petit peu "coquille vide". L'escalier a son charme, un mur tagué également, mais c'est vrai que après plus de trois heures sur place nous avons inconsciemment envie de passer à la suite... Suite qui s'avèrera très décevante car après être repassés côté Français, nous nous arrêtons en pleine campagne afin de rejoindre un château. Après une demi heure de marche au milieu des marécages et de la forêt, la bâtisse s'avérera être complètement désossée par les grues qui l'entourent. Il ne reste plus que la façade. Mais ça fait plaisir de voir un château à l'abandon en pleine réhabilitation. Vraiment dommage pour les photos car juste avant nous avons pu voir les cours de tennis entièrement envahis par la végétation depuis plus de 25 ans et la date d'abandon du site. Les grillages sont encore là, les pieds du filet également. Il y a même encore le panneau indiquant aux personnes de ne pas rentrer sur les cours avec des chaussures de ville. Par contre la végétation a repris ses droits. Partout. L'urbex va ainsi, d'émotions en déceptions. Comme la vie.
PHOTOS HISTORIQUES
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PHOTOS LAURENT
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Pour des raisons de sécurité nous ne communiquons jamais les adresses des lieux que nous visitons. Nous n’encourageons personne à explorer ces lieux par ses propres moyens, car de nombreux accidents, parfois graves voire fatals sont à déplorer dans les lieux abandonnés. il faut le savoir. Abstenez vous également de nous demander l’adresse par message privé. il n’y aura aucune réponse de notre part, merci de votre compréhension. Sachez que lors de cette exploration, aucune dégradation n'a été commise. Aucune effraction n'a été faite pour pénétrer à l'intérieur. Aucun vol n'a été commis. Notre présence est simplement motivée par l'envie de mettre en valeur cet espace abandonné. Nous n’avons aucune information à ce sujet, mais si vous êtes mandaté ou propriétaire de cet endroit et que la publication sur ce site vous gêne, nous procéderons à sa suppression sur simple demande via notre onglet "contactez nous"







































































































































































