
CONJURING PROJECT - 28.01.2018


Ce dimanche nous avons peu de temps pour rester sur les lieux que nous avons prévu de visiter. Effectivement je ne suis disponible que à partir de 13h ayant eu des (heureux) impératifs familiaux. Nous avons donc décidé d'aller sur, au maximum, deux spots. Ne sachant pas du tout ce que nous allons trouver sur le premier, nous partons donc avec un plan de secours en poche. Bien nous en a pris. Car lorsque nous passons devant la première bâtisse, dans la banlieue nord de Bordeaux, nous constatons d'emblée qu'elle est fermée. Persévérants et ne voulant pas en rester là, nous garons la voiture plus loin et revenons à pieds, matos photo sur le dos. La ferme a été manifestement squattée un long moment. Des packs de lait sont visibles sur les fenêtres au premier étage, mais tout le rez de chaussée est condamné, les ouvertures ayant toutes été fermées à l'aide de grandes plaques métalliques. Plaques qui ne bougent pas d'un millimètre lorsque nous essayons de les tirer vers nous. Règle d'or de l'urbex : pas d'effraction. Nous repartons comme des nouilles, bredouilles. D'ici quelques mois ce sera peut être de nouveau accessible...
Le deuxième endroit que nous avons prévu est bien connu des Bordelais. De mémoire j'ai toujours vu cette maison en état d'abandon. La façade de carreaux blancs et briques ocres attire les regards de toutes les personnes passant à proximité. Situé au carrefour des nouvelles routes et des anciens chemins, le "Chalet Alexandre", également appelé "Villa des Roses", est entouré d'un parc boisé et profite d'une vue imprenable sur la vallée de la Garonne. Enfin profitait, car nous avons beaucoup de mal à imaginer les lieux en 1857, année de sa construction. La maison était entourée de forêts et de champs... Aujourd'hui ce n'est que routes, bâtiments modernes, la rocade à 4 voies, le tramway qui passe toutes les 5 minutes... L'horreur. Même le parc en est réduit à sa portion congrue, transformé en simple jardin, lui même devenu terrain vague par la force du temps. Les dépendances et les écuries, faisant partie au 18eme siècle de la "Ferme du Petit Bourdieu", ont été détruites, ainsi que la maison du gardien. pourtant par le passé il y eu quelques projets de réhabilitation, tous tombés à l'eau. En 2010 c'est une résidence pour personnes âgées qui devait voir le jour. Mais la commercialisation ne prenant pas, le groupe Fousse jette l'éponge. En 2013 ce même groupe propose un nouveau projet, cette fois ci c'est un hôtel qui devrait permettre la restauration complète, tout en conservant l'originalité architecturale du bâtiment. La partie basse doit accueillir un restaurant franchisé nommé "La Boucherie". Mais depuis , il ne s'est rien passé. Rien du tout...
Pour tout dire Emma était déjà venue sur place il y a quelques mois, à l'époque j'avais été dans l'obligation de mettre en veilleuse mes petites activités urbex pour raisons familiales et je n'avais pas pu me joindre à elle. Elle n'avait d'ailleurs pas fait long feu sur place car elle était tombée sur deux squatteurs pas vraiment agréables, voir même menaçants. Mais le bâtiment est toujours resté dans un petit coin de notre tête. Une fois sur place nous constatons que tous les accès sont ouverts. Certains ont été murés mais rapidement cassés. Le plus simple étant de passer par la porte, nous nous y employons. La cave est ouverte... Une fois à l'intérieur nous constatons que de cave elle n'a plus que le nom... Tout une partie du plancher du rez de chaussée s'est effondré... Manifestement un incendie a eu lieu il y a quelques temps.. Nous marchons sur des portes et des poutres calcinées. L'odeur est encore là, pénétrante, prenante, entêtante. Quelques clichés intéressants et nous partons dans les hauteurs de la maison.
Le premier escalier tient bon. Le garde fou est encore là. Les marches sont en pierre. Au premier étage nous constatons que la plupart des murs ont disparus. Etrange de voir encore présentes les ossatures en bois des portes alors que les cloisons sont absentes. L'impression d'être au milieu d'une "Galerie des glaces" à la foire aux plaisirs... Sauf que nous n'avons pas besoin de chercher la sortie, il n y a que ça. Les étages n'ayant pas été touchés par l'incendie, nous décidons de grimper .. Problème, les escaliers montant au premier aussi bien que au second, n'ont plus du tout de garde fou. La solidité du tout, elle, n'a pas l'air pour autant d'être remise en cause, le mur porteur étant solide.. Mais méfions nous des choses qui "N'en ont pas l'air". Nous décidons de monter un par un (En même temps nous ne sommes que deux), doucement, avec prudence et surtout sans à coups. Il en sera de même pour la descente. Lors de la visite des deux étages nous constatons que tout est également détérioré. Au second un matelas trône dans une petite pièce du fond, des bouts de tapisserie ornent encore quelques pans de murs. Une fois de plus la plupart des cloisons sont inexistantes et les cadres de portes se tutoient pour l'infini. Infini peut être pas car nous ne savons pas combien de temps encore la bâtisse va rester sur pieds. Emma constate que entre sa visite quelques mois plus tôt et aujourd'hui c'est le jour et la nuit. Impression d'une mort annoncée.. Nous nous mouvons dans un décor anarchique, chaotique, qui n'existait pas encore lors de sa première visite. La villa n'est plus que l'ombre de sa splendeur. Et malgré les différents projets pour la réhabiliter, force est de constater qu'il ne se passe rien. Et vu l'environnement actuel autour du bâtiment, environnement citadin, sans aucun charme, ce n'est pas prêt de changer...
PHOTOS HISTORIQUES
PHOTOS EMMA
PHOTOS LAURENT


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