
THE AUTOPSY PROJECT - 28.07.2019

Parfois il est difficile de commencer à écrire quelque chose. Le syndrome de la page blanche. L'effet "écran blanc" plutôt... Et c'est d'autant plus difficile alors que l'on sait qu'il n y a pas grand chose à raconter sur un spot. Allez je vais essayer de vous captiver. Un minimum... Go ! Revenons au début de l'histoire... "Il était une fois..." Non, là, je pars vraiment du mauvais pied... Bon...
Un dimanche de Juillet. Grosse chaleur. Je décide de partir en expédition alors que ma binôme vaque, ailleurs, à d'autres occupations occultes (Elle est étrange, parfois, ma binôme). Je décide de partir sur un spot repéré quelques semaines plus tôt, à une heure et demi de mon domicile. Mais allez savoir pourquoi, en ce dimanche caniculaire du milieu de l'été, la circulation est dantesque. Je décide donc de faire une halte beaucoup plus proche de chez moi. Et depuis plusieurs mois nous parlons de ce vieil hôpital abandonné. Les bruits courrent qu'il n y a plus rien à l'intérieur, que c'est une coquille vide. Mais Emma et moi avons l'habitude des coquilles et savons pertinemment qu'il y a toujours de bonnes photos à faire. Soit en macro, ou encore en jouant avec les lumières, les rayons du soleil couchant... Bref.. Il y a toujours matière à shooter quelque chose. Après une petite demi heure de voiture, 'arrive devant l'entrée principale de l'hôpital. Le site n'est pas totalement abandonné, et il n y a que deux bâtiments, là bas, tout au fond, qui sont en déséhrence.
Vu l'heure quelque peu avancée de l'après midi, je sais que je n'aurai pas le temps de tout couvrir, et nous reviendrons prochainement à deux faire l'autre bâtiment. Je passe au milieu des différents services, je croise quelques infirmières, des malades se promenant dans le parc.. Officiellement je suis là pour rendre visite à un parent. Évidemment. Je me gare sur un parking à l'abri d'un bosquet. Restons prudent. Ma cible est à environ une centaine de mètres de ma voiture. Bien en vue. Je décide de faire un grand tour dans le parc avant de repiquer vers lui. Soyons discret. Une fois arrivé sur l'arrière du bâtiment, je fais quelques photos d'un fauteuil restant là, figé, sous un chêne. Une ou deux photos de la façade arrière, et je me dirige vers une entrée sans porte. Les services de sécurité de l'hôpital ont mis des bandeaux de chantier, rouges et blancs, bien visibles. Évidemment cela ne va pas m'empêcher de rentrer. Tout en faisant attention de ne rien détériorer. Et me voilà dans la première pièce. J'entends courir. La première frayeur passée, je vois cinq ou six chats qui détalent à vitesse Mach 3. Peu habitués à avoir de la visite manifestement... Et, ensuite, pour vous décrire les lieux... Comment dire... Effectivement il n y a plus rien du tout. Des gravats, une baignoire (!!), quelques bouts de meubles en déliquescence.. Un plafonnier tombé au sol... Et dire qu'on manque de lits dans les hôpitaux en France... Bref. Mais allons plus avant ! Je suis venu pour ça non ?

Après avoir immortalisé ce qu'il reste de la première pièce, je passe dans le couloir. Un escalier descends vers les sous sols. Je décide, bien évidemment, de pousser plus avant par là. J'allume ma lampe torche et descends donc, dans le noir le plus total, les quelques marches. Je me retrouve donc sous la pièce dans laquelle j'étais. Un long couloir, noir, oppressant, et en partie inondé. Je fais quelques photos des boitiers électriques, de cuves de fioul.. Et me dirige sur ma gauche, là bas, tout au bout. Il y a de la lumière. J'essaye de ne pas tomber dans les 5 cm d'eau qu'il y a au sol. Aucune envie de finir avec les pieds trempés, puis je remonte le long couloir, me dirigeant tout au bout, vers la sortie. Au dessus de ma tête il y a foule !! Des tuyaux, des câbles électriques, des gaines qui pendent, prêtes à tomber. Et puis, surprise ! À une trentaine de mètres de la sortie je tombe nez à nez avec un gros ballon gonflable. De couleur violette, il dénote un peu dans le paysage gris et sombre des lieux où je me trouve. Il s'agit d'un ballon de gymnastique et de rééducation dont se servent les kinésithérapeutes. Je m'efforce de l'éclairer comme je peux afin de faire une photo correcte.. Et je sors par la porte dont j'apercevais la lumière quelques minutes plus tôt, lorsque j'étais à l'autre extrémité du couloir. Me voilà obligé de refaire le tour du bâtiment par l'extérieur afin de rentrer à nouveau par la même porte que tout à l'heure. mais voilà, évidemment, rien ne se passe comme voulu.
Je suis en train de marcher sur le chemin lorsque j'entends un bruit de moteur. Ni une ni deux, me voilà à couvert dans les bosquets environnants, lorsque, quelques secondes après m'être caché, je vois passer un énorme 4x4 avec, à son bord, un agent de sécurité. A t'il été prévenu de la présence d'un intrus dans cette partie du site ? Fait il sa ronde habituelle ? Une fois passé devant moi je le vois qui fait le tour du bâtiment, puis s'arrêter devant l'entrée par laquelle je suis passé tout à l'heure, et vérifier que les bandeaux de chantier sont encore bien en place. Et moi, pendant ce temps, caché, je loue le seigneur de ne pas avoir, lors de mon arrivée, coupé et détérioré le passage. Si il avait trouvé les bandeaux coupés, je pense qu'il aurait poussé plus avant ses investigations. Toujours est il qu'il remonte dans sa voiture, et file dans une autre partie du site. Ouf ! J'attends quelques minutes afin d'observer, écouter, et me dirige à nouveau vers mon entrée. Et me voilà dans la même pièce et le même couloir que auparavant, prêt a continuer mes photos.

Dans toutes les pièces c'est le même schéma. Murs tagués, squelettes de lavabos, parfois une chaise de bureau, certainement oubliée lors du déménagement. Détail que je n'avais pas vu lors de mon premier passage quelques minutes plus tôt, c'est que le plafond est parfois inexistant. Vous avez un exemple sur la photo ci dessus. Ayant oublié mon casque à la maison, je ne traîne pas trop, et me dirige vers le long et étroit couloir où devaient être les chambres des patients. En arrivant à l'intersection des deux couloirs je tombe sur le squelette d'une table d'opération. Quand je dis squelette c'est qu'il n'en reste vraiment pas grand chose. Le mat pour la lampe opératoire, le roulis permettant à la table de s'incliner ou d'aller en avant et en arrière, le support général et... C'est tout. Je ne sais pas depuis combien d'années cette aile de l'hôpital est abandonnée mais.... Un temps certain, c'est sûr ! Après quelques recherches, j'ai trouvé que sa date de construction date du début du 20ème siècle, et qu'il a été fermé à la fin des années 70. Plus de 40 ans de désuétude. Ça marque un bâtiment ! Mais pourquoi ne pas l'avoir détruit ?? Trop cher certainement.
Il s'agissait en fait d'un sanatorium et plus précisément du pavillon des enfants. Ces bâtiments étaient souvent construits à l'écart des autres car leur but était de traiter la tuberculose. La maladie étant transmissible par voie aérienne, il y régnait une discipline très stricte, et un isolement certain. Puis, au début des années 60 les antibiotiques font leur apparition, et la maladie décline très vite. La plupart des sanatoriums ferment donc leurs portes, partout en France. Celui là y compris. Et petit à petit, inéluctablement, années après années, la nature a repris ses droits... Son droit !
Étant toujours devant mon squelette de table opératoire, je décide de tourner à droite car, au fond, je vois une grande pièce avec du mobilier. Autant dire que le bâtiment entier est dans le même état que les quatre pièces traversées depuis mon arrivée. Celle que je visais a dû servir de garde meubles pendant quelques années. On trouve là quelques bureaux, des placards, des panneaux indiquant les différents services avec le nom des médecins... Il y a également une partie des registres d'admission avec le nom des patients, les années. Quelques journaux plus récents comme un numéro de Gala, certainement balancé par la fenêtre, ou laissé par quelque quidam de passage. Je sors de la pièce et décide de remonter le long couloir, jusqu'à l'autre bout, afin de faire le tour des chambres. Enfin ce qu'il en reste.

Au fur et à mesure de mon avancée dans les différentes pièces, je ne peux que constater que toutes ont le même agencement. Que toutes sont vides. Que toutes sont vraiment identiques. je ne traine donc pas et cela va également m'éviter d'être trop long et lassant pour vous (Je le suis peut être déjà d'ailleurs...) Alors dans certaines on trouve un vieux matelas à même le sol, dans d'autres une vitre cassée, détail toujours très photogénique. Parfois c'est le lierre qui passe par les vitres, brisées, donnant sur l'extérieur. Après avoir passé le bureau des infirmières, situé au milieu du bâtiment (Logique...) où il reste encore quelques meubles de rangement, je pars de l'autre côté du couloir. Les mêmes pièces, encore et toujours. Et puis, je tombe sur une petite pièce qui n'est pas de la taille d'une chambre. Beaucoup plus petite. Une remise ? Je ne pense pas car manifestement il y avait une vitre entre le couloir et la pièce. Peut être une sorte de box individuel afin de surveiller un patient au cas particulier ? Je pencherai pour cette option. Toujours est il que la dite vitre n'existe plus, et que le toit n'étant plus qu'un lointain souvenir, la pluie et le soleil aidant, une énorme plante pousse à l'intérieur du box. Fascinant. (Voir photo ci dessus).
Je continue ma visite et, au milieu du couloir trône une chaise en rotin avec un coussin rose "Hello Kitty". Cherchez l'erreur. Puis, au détour d'une porte, je vois une pièce aménagée avec des cartons. Des gamelles remplies de victuailles. Et, sur les cartons, quelques mots .. "Merci de ne pas détruire ce lieu qui sert de salle de repos aux chats que je viens nourrir". Voilà autre chose. Le hasard n'étant pas forcément le fruit du hasard, au moment même où je quitte la pièce, une voiture se fait entendre, et cette fois ci le conducteur en descends. Je me cache derrière une fenêtre juste à temps pour voir une femme avec des sachets de croquettes et de la litière pour chats. Incroyable qu'elle arrive juste au moment où je découvre la "Salle de repos" des félins..

Il ne me restait plus qu'une seule pièce à immortaliser et voilà que je suis obligé (Enfin non, personne n'est obligé à rien, mais je n'aime pas ne pas terminer ce que j'ai commencé...) de me cacher et d'attendre..... Me voilà à nouveau dans l'autre aile du bâtiment, prenant mon mal en patience... Après vingt longues minutes, j'entends la voiture qui démarre.. Je file rapidement de l'autre côté. Les chats ne sont pas revenus, devant sentir ma présence. Ils doivent être tapis quelque part, m'épiant comme si j'étais une proie.. Mais j'ai patienté 25 minutes avant de pouvoir faire la photo de cette dernière pièce (ci dessus) alors maintenant c'est votre tour..... Non mais oh !!
Presque deux heures trente après mon arrivée sur place, me voilà de nouveau dans ma voiture. Au final, une coquille vide mais assez intéressante visuellement. Vous avez d'ailleurs les deux albums complets ci dessous, ou encore sur la page Facebook. Et pour ne rien gâcher, il s'en est passé des choses !! Jamais je n'aurai imaginé avoir autant de frayeurs en arrivant devant ce bâtiment délaissé depuis plus de 40 ans....
Quelques semaines plus tard, en Novembre dernier, Emma et moi sommes partis en reconnaissance afin de faire l'autre bâtiment abandonné présent sur le même site. Et nous avons prévu d'y venir prochainement... Donc suite de nos aventures ici même très bientôt....
PHOTOS LAURENT
Le visionnage des photos étant assez fastidieux sur cette page je ne peux que vous encourager à aller les regarder sur la page Facebook de Urbexer's. Liens des deux galeries sur les boutons ci dessous.
Si vous n'avez pas Facebook, visionnez les photos ci dessous. Vous pouvez les laisser défiler, mais vous pouvez aussi cliquer au centre pour les ouvrir en grand format non recardé.
DIAPORAMA 1
(33 Photos)




DIAPORAMA 2
(30 Photos)





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